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Des génériques remis en cause par l'Académie de médecine

Article publié le 28/02/2012 à 18:43

Dans un rapport récent, l'Académie de Médecine, émet de larges doutes sur la qualité de certains médicaments génériques. Les médecins dénoncent ainsi un certain favoritisme de l'économie au détriment d'une sécurité totale.

Des génériques remis en cause par l'Académie de médecine
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Des excipients potentiellement dangereux

Bien que rappelant que "dans la plupart des cas, les génériques ne posent aucun problème", l'Académie de Médecine a largement mis à mal la politique de l'Assurance-maladie visant à privilégier le générique à un médicament "de marque", dit de référence ou "princeps".

Dans un rapport publié il y a peu, l'Académie dénonce ainsi "la substitution des médicaments que l’on appelle à marge étroite, pour lesquels toute variation de concentration, même légère — parce que le produit est mal pris ou conditionné différemment — peut compromettre le traitement et entraîner des effets indésirables".

Dans les faits, les médecins dénoncent de possible effets secondaires liés, non pas, à la molécule active des médicaments génériques, forcément identique à celle du princeps, mais les autres composants que sont les excipients.

Comme le rappelle l'auteur du rapport, l'académicien et professeur Charles-Joël Menkès, "les excipients ne sont pas neutres. Certains peuvent être allergisants, comme l’arachide. De même, le goût d’un produit, tout comme le conditionnement, peuvent avoir une influence sur la bonne observance d’un traitement, notamment chez les enfants et les personnes âgées".

Un manque d'études sur le sujet

Argument utilisé par les deux parties, le manque d'étude sur le sujet laisse planer un doute supplémentaire quand la sécurité ou non des génériques.

Pour les pharmaciens, aucune recherche ne permet aux médecins de justifier leur rapport. L'association GEMME pour Générique, même médicament, réunissant des industriels du générique, évoque pour sa part un rapport mal documenté et allant à l'encontre des avis des scientifiques et autorités européennes en la matière.

Au sens du professeur Menkès, des recherches supplémentaires sont évidemment à mettre en place, ce dernier appuyant son rapport sur l'exemple d'un médicament générique évité par les praticiens, car potentiellement dangereux, de par le retour de patients déclarant des effets secondaires.

"C’est grâce à ces retours que les médecins ont décidé de ne plus substituer la thyroxine (Lévothyrox). Pourtant, il n’existe aucune étude sur ce sujet" indique-t-il dans son rapport.

Au sens du professeur "la tâche du médecin est de soigner ses malades et non pas de faire des économies. Il doit continuer à garder la liberté de choisir des produits non substituables".

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