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Le Sénat dénonce les dérives sectaires en médecine

Article publié le 12/04/2013 à 15:16

Une commission d’enquête du Sénat s’inquiète, dans un rapport rendu mercredi, de l’infiltration au sein du système de santé français, de pratiques non conventionnelles qui peuvent influencer les traitements jusqu’à la dérive thérapeutique.

Le Sénat dénonce les dérives sectaires en médecine
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L’année dernière, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) avait déjà dénoncé l’explosion des dérives sectaires dans le domaine de la santé.

Cette fois, c’est au tour du Sénat de se pencher sur ce dossier. Une commission d’enquête a donc été chargée d’établir un rapport sur les pratiques appelées « non conventionnelles », c’est-à-dire des pratiques qui ne sont pas reconnues par le système de santé, dans les hôpitaux.

Le rapport, communiqué ce mercredi, met en garde contre de véritables dérives sectaires dans le milieu hospitalier.

Patients et familles de patients : un public fragile

Les patients et les familles de patients, notamment en cas de maladies graves, sont plus fragiles face à certains courants thérapeutiques alternatifs. Dans ces cas-là en effet, l’espoir d’une amélioration ou d’une guérison surpasse souvent la prudence.

Les thérapies non conventionnelles sont nombreuses variées. Elles vont de l’hypnose à la réflexologie plantaire en passant par la sophrologie ou la « fasciathérapie ».

Lorsqu’elles sont seulement destinées à la relaxation, elles sont bienvenues, mais lorsqu’elles se targuent, sans aucune preuve, de guérir des maladies graves, cancer ou sclérose, elles peuvent mettre en danger la vie des patients.

Le rapport révèle en effet plusieurs cas dans lesquels des thérapies autoproclamées « naturelles » étaient reliées à des philosophies ésotériques qui prônent entre autres l’arrêt des traitements médicaux.

Plusieurs patients ont ainsi refusé des traitements anticancéreux, croyant guérir uniquement grâce à l’une ou l’autre de ces thérapies.

Un appel à la prudence

Une enquête parue dans « Sciences et Avenir » dénonçait des réseaux sectaires très organisés, utilisant des thérapies douces, du type traitement de la douleur pour infiltrer les hôpitaux et les universités.

De nombreux hôpitaux français sont aujourd’hui noyautés par certaines de ces méthodes dont le plus grand risque est de pousser les patients à arrêter leur traitement.

Afin de contrôler ces pratiques, le Sénat propose 41 mesures simples parmi lesquelles un double contrôle des méthodes : d’abord du praticien puis de la pratique elle-même.

« Les pouvoirs publics doivent prendre la mesure de l’engouement pour toutes ces pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique », estime le rapporteur de l’enquête, Jacques Mézard.

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